Thème et sous-thèmes
La 12ᵉ édition du Forum régional marin et côtier est prévue du 27 au 30 avril 2026 à Nouakchott, en République Islamique de Mauritanie. Pour cette 12ème édition, le thème retenu est : « La santé des océans, levier d’une économie bleue durable et inclusive ». Ce thème principal sera décliné en six sous thèmes qui sont :
Gouvernance intégrée des zones marines et côtières
Pêche durable, équitable et résiliente
Économie bleue sociale et solidaire.
Financement durable et innovant pour l’économie bleue durable et inclusive
Conservation et restauration des écosys marins et côtiers
Solutions adaptatives basées sur la nature face aux changements globaux
L’ensemble des thématiques abordées lors du Forum régional sont concernées, à titres divers, par des besoins en matière d’innovation technologique, de communication, d’éducation et de recherche, autant de secteurs transversaux qui demandent technicité, imagination et créativité. Le Forum régional constituera à cet égard une opportunité pour mettre en lumière les avancées réalisées dans ces domaines et faire le point sur les besoins futurs. Dans les développements qui suivent sont fournis des éléments permettant de mieux comprendre le contenu des différents sous-thèmes et secteurs transversaux, et de permettre aux acteurs impliqués dans la conservation marine et côtière à soumettre des résumés de leurs expériences, projets, initiatives et réflexions. Nous voulons entendre vos histoires, comprendre vos défis, célébrer vos succès et apprendre de vos difficultés.
Sous-thème 1 : Gouvernance et gestion intégrée des zones marines et côtières
La gouvernance et la gestion intégrée des zones marines et côtières sont des approches destinées à gérer durablement les littoraux comme des écosystèmes uniques où les activités terrestres et maritimes (pêche, tourisme, urbanisme, etc.) sont liées, en conciliant développement socio-économique (croissance économique, équité sociale) et protection de l’environnement. Ceci passe par une planification coordonnée des activités terrestres et maritimes, une concertation multi-acteurs (public, privés et société civile), une coopération transfrontalière et une vision à long terme pour faire face aux défis comme le changement climatique et aléas naturels.
À travers ces démarches, le littoral est traité comme un système cohérent, intégrant les enjeux écologiques, économiques et sociaux, souvent en dépassant les limites administratives traditionnelles pour adopter une échelle pertinente, allant du bassin versant à la haute mer.
Des outils comme la création d’Aires marines protégées (AMP), la Planification spatiale maritime (PSM), la contractualisation de projets, la mise en place de cadres de concertation permettent la mise en œuvre de ces approches.
Sous-thème 2 : Conservation des écosystèmes marins et côtiers
La conservation des écosystèmes marins et côtiers et de leurs espèces constitue un pilier fondamental de la santé des océans et un socle indispensable au développement d’une économie bleue durable et inclusive en Afrique de l’Ouest. En préservant les habitats et les fonctions écologiques qui soutiennent la pêche, la protection des côtes, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés, la conservation contribue directement à la résilience économique, sociale et environnementale des territoires côtiers. Dans la sous-région, les différents acteurs du littoral (communautés côtières traditionnelles, pêcheurs artisanaux, organisations non gouvernementales, gestionnaires d’aires protégées, chercheurs, éducateurs, décideurs politiques, secteur privé) sont engagés dans des initiatives diverses et pertinentes pour la santé des océans. Parmi ces acteurs, certains mettent en œuvre des campagnes de conservation d’espèces emblématiques et menacées, allant des tortues marines, mammifères marins et requins, jusqu’aux espèces moins visibles, mais tout aussi importantes pour l’équilibre des écosystèmes. D’autres s’engagent dans la création et le renforcement d’aires marines protégées, qui constituent des outils fondamentaux pour la conservation de la biodiversité, ainsi que dans des actions de restauration d’écosystèmes critiques tels que les récifs coralliens, les herbiers marins, les mangroves et autres habitats marins et côtiers. Ces approches ancrées dans les contextes locaux contribuent à maintenir des services écosystémiques essentiels et à renforcer l’appropriation communautaire des efforts de conservation. Ce sous-thème vise à valoriser les expériences, les approches et leçons apprises par différents acteurs dans leurs divers contextes, en mettant en évidence la complémentarité entre science, politiques publiques et savoirs traditionnels. Les contributions attendues permettront d’identifier les résultats positifs et les conditions de réussite, les défis rencontrés et les leviers d’action pour valider les approches et méthodologies, promouvoir la création de synergies, faciliter l’apprentissage collectif, ainsi que créer des espaces de reconnaissance et de valorisation des efforts entrepris.
Sous-thème 3 : Solutions basées sur la nature face aux changements globaux
Aujourd’hui, avec le climat qui change, la pollution qui s’intensifie et l’activité humaine qui grignote les littoraux au niveau de l’Afrique de l’Ouest, les solutions basées sur la nature (SbN) prennent toute leur importance. Elles aident à rendre nos écosystèmes côtiers et littoraux plus durables, tout en renforçant une économie bleue qui profite à tout le monde. Restaurer les mangroves, les herbiers marins, les dunes littorales protègent les côtes de l’érosion et des tempêtes, piègent du carbone (le fameux carbone bleu), nettoient l’eau et enfin redonnent la vie à des habitats essentiels pour la pêche et le tourisme. Mais il ne suffit pas de planter ou restaurer, il faut aussi mobiliser les savoirs locaux, faire participer les communautés, et penser aux réalités économiques et sociales des acteurs littoraux. Ces solutions deviennent alors des leviers d’adaptation, d’atténuation et de résilience face aux changements climatiques et aux fortes pressions humaines. Ce qui garantit un cadre de vie idéal, assure la sécurité alimentaire, crée des emplois et protège nos richesses océaniques et nos infrastructures littorales. Les SbN sont des réponses concrètes pour l’environnement littoral et côtier, mais aussi pour les communautés, les communes et les acteurs littoraux.
Sous-thème 4 : Pêche durable, équitable et résiliente
Le secteur des pêches demeure l’un des piliers des économies nationales des pays en Afrique de l’Ouest, par sa contribution aux équilibres macroéconomiques, son potentiel de croissance et de création d’emplois et son rôle dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Les principaux enjeux et défis dans cette sous-région sont le développement d’activités répondant aux exigences d’une pêche durable et équitable, la transition, écologique, l’adaptation aux changements climatiques et la transition vers l’économie bleue. La pêche durable et équitable est un concept de gestion intégrée de la pêche, promu au plan mondial, pour concilier à la fois la préservation des ressources halieutiques avec l’optimisation des retombées socioéconomiques de leur exploitation. La déclinaison de ce concept repose fondamentalement sur des politiques cohérentes et des législations harmonisées de la pêche qui prônent la pérennité des ressources halieutiques. Ceci passe par le renforcement du caractère durable de l’exploitation des ressources halieutiques à travers, entre autres, le développement de la recherche halieutique (évaluation et suivi des stocks halieutiques), la protection des habitats critiques, la promotion de pratiques durables de pêche (engins sélectifs), la mise en œuvre de mesures d’aménagement et de conservation (réduction des prises accessoires / by catch, instauration de repos biologiques et respect des tailles minimales de première capture, la mise en place de système de Suivi, Contrôle et Surveillance (SCS) des pêches au niveau national et régional, etc. Il s’agit également de développer les chaines de valeur de la pêche et d’’accroitre de façon durable leur contribution aux économies nationales et locales à travers, entre autres, le maintien des emplois, la sécurité alimentaire, la résilience des territoires côtiers et des communautés, la rémunération équitable et la valorisation des produits de la pêche, la traçabilité des produits, l’amélioration de la transparence et la promotion d’une bonne gouvernance des pêches, la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN), le soutien aux communautés de pêche pour une amélioration de leurs moyens d’existence.
Sous-thème 5 : Financement durable et innovant pour l’économie bleue durable et inclusive
Une économie bleue durable et inclusive implique un modèle de développement qui associe la protection effective, la restauration et la régénération des écosystèmes marins et côtiers, avec des activités économiques durables et une prospérité équitable au service des populations et de la planète. Ce sous-thème met en lumière le rôle du financement durable dans la protection, la restauration et la valorisation du capital naturel marin et côtier en tant que pilier incontournable pour opérer véritablement la transition souhaitée vers une économie bleue durable et inclusive. Dans un contexte où la pression croissante sur les ressources, la dégradation des habitats et les impacts du changement climatique menacent à la fois la biodiversité marine et côtière et les moyens de subsistance des communautés, la mobilisation de mécanismes de financement adaptés, innovants et durables constitue un levier essentiel pour traduire les engagements de conservation en actions effectives, équitables et pérennes. Les mécanismes de financement et les instruments innovants peuvent inclure les mesures d’ordre public, tels que diverses incitations, taxations ou subventions ; les obligations bleues ; les investissements à impact ; les mécanismes de financement mixte ; les fonds fiduciaires ou encore les initiatives liées au carbone bleu. Les partenariats multi-acteurs favorisant l’engagement du secteur privé, des collectivités territoriales et de la société civile jouent également un rôle important dans cette perspective. Il existe plusieurs initiatives en cours en Afrique de l’Ouest portant sur des approches de finance bleue qui soutiennent la conservation marine et côtière. Dans le cadre de la promotion d’une économie bleue durable et inclusive, une attention particulière doit être accordée aux initiatives portées ou co-portées par les organisations ou les communautés locales, démontrant comment des modèles économiques inclusifs et régénératifs peuvent renforcer la conservation et la restauration des écosystèmes, améliorer la résilience des territoires côtiers et marins ainsi que des communautés, et générer des bénéfices sociaux et économiques durables.
Sous-thème 6 : Économie bleue sociale et solidaire
La santé des océans, c’est la base d’une économie bleue qui marche et qui inclut tout le monde. Quand les communautés côtières s’investissent et diversifient leurs activités, elles créent des chaînes de valeur plus responsables. Transformer artisanalement les produits de la mer, développer une aquaculture durable, miser sur l’écotourisme, restaurer les écosystèmes, offrir des services environnementaux, aident à alléger la pression humaine sur les ressources naturelles et, en même temps, à créer des emplois décents et à générer des revenus surtout pour les femmes et les jeunes qui en ont le plus besoin. En mettant la gouvernance locale, l’économie sociale et solidaire et l’équité au centre des initiatives et politiques marines, on rend les territoires côtiers plus durables face aux chocs économiques, on protège le capital naturel de l’océan, qui reste essentiel pour l’avenir.
Secteurs transversaux
Il s’agit des innovations technologiques, de la communication, de l’éducation environnementale et de la recherche
Innovations technologiques
Dans un monde en évolution rapide, où les problématiques environnementales nous lancent des défis toujours plus complexes et urgents, les nouvelles technologies offrent des opportunités pour mieux répondre à ces défis : imagerie satellitaire, technologies de la communication, algorithmes appliqués au vivant, suivi des migrations par GPS, applications de recherche citoyenne, intelligence artificielle, etc. autant de technologies qui permettent d’accélérer la mise en œuvre de solutions adaptées aux besoins de la conservation et de l’exploitation des ressources naturelles.
Communication
Partager nos connaissances sur la biodiversité de la zone côtière, évoquer le besoin d’une action urgente face aux nombreux défis dont le changement climatique, rendre l’information plus accessible et la coopération plus facile, échanger des leçons apprises ou organiser une campagne de plaidoyer : autant d’initiatives qui reposent sur la communication. Pourtant, avec l’expansion universelle des téléphones intelligents, des réseaux sociaux et autres outils numériques, faire entendre sa voix est devenu un véritable défi qui exige de notre part imagination et créativité, tout en considérant notre responsabilité vis-à-vis de l’empreinte écologique liée à la communication.
Éducation environnementale
Aux côtés de l’éducation classique, qui demeure une nécessité, il devient chaque jour plus important de donner à la jeunesse des clés, des outils pour une meilleure compréhension du monde et de son évolution. Ce sont eux qui se trouvent et se trouveront en première ligne face aux nouveaux défis causés par la diminution des ressources naturelles, la gestion des déchets, la disparition de la biodiversité et, plus généralement, la vulnérabilité des sociétés face au changement climatique. Plus que jamais l’éducation environnementale et l’éducation au développement devraient être considérées comme des disciplines à promouvoir de façon prioritaire.
Recherche
La recherche est une composante indispensable dans la plupart des activités liées à la conservation de la biodiversité ou à l’exploitation des ressources naturelles. En affinant nos connaissances sur le fonctionnement des écosystèmes, elle aide à orienter les décisions de gestion. Elle contribue à assurer une présence et une veille écologique sur le terrain. Elle offre un cadre de partage des connaissances qui permet d’associer les compétences nationales et internationales, de valoriser les savoirs locaux/endogènes, de contribuer à la formation des étudiants et des techniciens, tout en sensibilisant les communautés locales. En développant les approches participatives ou citoyennes, la recherche favorise l’implication des usagers dans la gestion des ressources naturelles qu’ils exploitent.
Depuis 2004, le PRCM organise le Forum régional marin et côtier (FOMACO), devenu le rendez-vous incontournable pour tous les acteurs engagés dans la protection des écosystèmes marins et côtiers.
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